Pablo Casals.
Les joies du jardin sont si nombreuses et si permanentes, nous apportant la lumière dans la maison, la santé au corps et la sérénité de l'esprit, que nous devons, nous qui l'avons prouvé, nous dont la vie est réjouie par son influence, quelle que soit notre gratitude ou notre bonne volonté, nous devons instruire les autres de ce qu'ils peuvent partager notre joie. 
Ah! voici un endroit qui a une utilité, dit Jia Zheng avec un sourire satisfait. Il a beau être le résultat d’un artifice humain, sa vue n’en reste pas moins touchante. Il éveille en moi le désir du retour à la terre, de la simplicité d’une vie campagnarde. Entrons et reposons-nous un instant.

Hors du monde ou en son cœur, le jardin se détache sur le reste de la Création par sa différence essentielle. Qu'il veuille rivaliser avec la nature, et il tente alors de la reproduire pour atteindre à cette perfection, pour revenir à un état primitif d'accord avec le monde. Qu'il veuille s'opposer à l'imperfection terrestre, et deux voies s'offrent à lui contre les vicissitudes du transitoire: la simplicité rustique du travail agricole ou, à l'opposé, la magnificence qui exalte glorieusement les pouvoirs humains dans l'expression sublime du jardin. D'emblée le lieu dévoile la richesse de ses intentions et de ses formes, sa part essentielle d'utopie.
Danièle Duport dans "Le jardin et la nature"
l est à regretter que de nos jours, au détour d'un chemin bordé de haies champêtres, nous nous retrouvions soudain devant une haie de lauriers cerise ou de thuyas derrière laquelle se cache une ancienne maison paysanne entourée d'une pelouse, ornementée d'une herbe de la pampa et d'arbres totalement allogènes. Elle est bien souvent assortie d'une vieille charrue, souvent une "brabant", attendant un hypothétique laboureur, si ce n'est une charrette, un pressoir ou je ne sais quelque instrument agricole du temps passé.
Ce type de terrain baptisé pompeusement "jardin paysagé", se propage au fil et à mesure qu'une population urbaine s'installe dans nos campagnes et qu'elle reproduit ce qu'elle a vu dans les lotissements proches des villes, engins agricoles exceptés.
De par sa condition, l'homme était astreint à la culture de la terre, et si cette condition fut autrefois celle des plus modestes et des plus corvéables, elle s'est aujourd'hui beaucoup améliorée; de par le mode de vie que la terre oblige, comparée à celle des ouvriers sans lien avec la nature et contraint à des cadences insupportables liées à des économies incontrolées, incontrolables et entrainées dans un cycle infernal; on peut considérer que c'est une grande chance de pouvoir vivre de la terre malgré les grandes différences constatées dans ce domaine.
Remarque: on appelaient les hommes de la terre "paysans, fermiers", puis ils furent "agriculteurs, cultivateurs", aujourd'hui, ce sont des "exploitants agricoles"

e mot potager vient du mot potage, "herbes pour le pot".
- Quant au mot hortus, jardin en latin, il donna horticulture, horticole...
Le mot vergier, qui désignait le jardin de plaisir au Moyen-Age et deviendra plus tard un lieu planté d'arbres fruitiers, provient de viridarium, lui-même dérivé de l'adjectif viridis, vert en latin.
"
u fil des jardins" n'est pas un guide de jardinage mais plutot un parcours parmi les jardins, depuis l'Eden originel jusqu'aux jardins du XVIIIe siècle, mais aussi une promenade parmi les écrits des poètes, des écrivains et qui peut-être, deviendra un parcours philosophique et même un chemin initiatique vers cette dernière, par la traversée du labyrinthe.
D'autres parts, il tentera de montrer les liens que les hommes ont tissés, non seulement avec les jardins à travers le symbolisme, mais aussi avec les plantes, les arbres, à travers les mythologies, les religions, les arts et les utilisations qu'ils ont su tirer de leur culture ou de leur cueillette.
Presque toutes les civilisations ont leur mythologie pour expliquer l'origine du monde et la naissance de leur société, où souvent y sont mêlés imaginaire, symbolisme et faits historiques.
La notre nous conte que Dieu, après avoir crée le monde, créa le premier homme dans un jardin nommé "Eden" que les éxégètes situèrent le plus souvent au Moyen-Orient.
Jardin: terrain, généralement clos, où l'on cultive des végétaux utiles ou d'agrément (dans ce cas, plus petit que le parc)-
le petit Robert.
Il y aurait donc lieu de croire qu'Adam, selon la Bible, fut jardinier puisque locataire de ce jardin.
Et selon le mythe, un jardin empli de plantes, de fleurs, d'arbres et d'animaux, qu'il cultiva.
| Mais pourquoi diable, Adam aurait-il jardiné? Lui qui était immortel donc sans nécessité et vivant dans un cadre idyllique! |
Selon les époques, Moyen Age, Renaissance ou XIXe siècle, l'idée première des jardins a été reprise mais en épousant des structures plus modernes et en cultivant des plantes inutilisées ou inconnues alors.
Ce site veut également, par les livres qui vous sont présentés, vous inciter à créer des jardins qui ne seront plus impersonnels mais, surtout, si vous possédez une maison ancienne, à aménager son environnement en accord avec elle, à échapper à la pelouse plantée de végétaux et d'arbres à la mode, sans aucun lien avec le paysage environnant.
Ainsi pourrez direz "adieu" au prunus, cognassier du japon et forsythia omniprésents, au bosquet des trois bouleaux, au cèdre et camélia des maisons bourgeoises des 18 et 19e siècles, aux "piquets" droits comme des I des créations horticoles , pour remettre au goût du jour la fierté du hêtre, la beauté du frêne, la souplesse du coudrier et partager la simplicité d'un jardin sauvage, d'un jardin paysan, d'un verger plein d'espèces parfumées ou d'une pergola recouverte d'un rosier ancien.
Un accent particulier est mis sur le jardin sauvage et les jardins de curé et de nos grands mères car c'est principalement par eux que notre maison s'intégrera dans le paysage et que nous goûterez toutes les joies que donnent un potager et un jardin fleuri, tous deux réunis en un seul ensemble.
Je regrette que des étrangers qui s'installent en France aménagent des jardins propres à leur pays, sans tenir compte du caractère de leur maison, ancienne bâtisse paysanne, et installent des mixed-borders, attributs des demeures cossues anglaises, dans des paysages et des terres où rien n'appelle à de telles créations, qui nécessitent des arrosages fréquents et sont en totale opposition avec notre ruralité.
Ainsi peut-être, découvrirez-vous une parcelle de l'univers du jardin. C'est ce que je vous souhaite.
Ceci, 1000 fois vu ...! arborétum? pacage à moutons?... ...ou bien cela:

Comme on le verra à travers les époques, les jardins expriment non seulement une image du monde et un projet de société mais aussi un modèle de vie, comme le montre Virgile dans son célèbre passage des Georgiques; lire.
Ce modèle s'appuie sur la suffisance du jardin qui nourrit celui qui le cultive et le rend partiellement autonome, indépendant et libre. Ceci implique une sagesse ou du moins un désir de l'acquérir par son travail.
Il offre à l'homme, le reflet de sa propre nature et traduit à travers les époques en un langage plastique codé de l'inconscient collectif tout comme pour le jardinier.
Le jardin est vécu différemment selon que l'on est spectateur ou acteur; les premiers y verront un labeur quotidien pour un jardin potager, ou une oeuvre d'art s'il s'agit d'un jardin à la française ou d'un jardin romantique, alors que pour les seconds, il sera le moyen d'exprimer leur personnalité, leur individualité, un moyen d'élévation de soi.
Chaque jardin nous renvoie à l'Eden, un lieu légendaire, archétype de toutes les utopies et paradis imaginés par l'être humain.
La personne qui dessine son jardin tient le rôle de l'ordonnateur: comme un dieu ou un démiurge, il transforme le chaos en cosmos. Il agit comme une force capable de séparer les éléments, de distinguer entre eux et de fixer les pôles de l'orientation. Ce travail accompli, il peut étendre le manteau de verdure qui se déploie grâce à lui. Ces gestes le lient aux profondeurs de notre passé et c'est pour cela que des mythes immémoriaux viennent hanter les jardins et le peupler d'images.

Le jardin, la maison et l'homme sont un organisme vivant qu'il ne faut pas démembrer. L'homme doit être là. Les plantes ne s'épanouissent bien que sous son regard aimant.

i je lis les livres de mes amis ou si j'écoute leur conversation, je suis presque amené à conclure que le bonheur est devenu impossible dans le monde moderne. Cependant je vois que ce point de vue tend à dispaître grâce à l'introspection, aux voyages à l'étranger et aux conversations de mon jardinier.

atrick Scheyder qui, par l'association qu'il a créée avec son épouse, Monique, "Musiques aux jardins" a été appelé à fréquenter les jardiniers et dans son récit "L'éloge des jardiniers" raconte: J'ai rencontré des gens formidables, les jardiniers, qui m'ont fait confiance. Eux qu'on rélègue au bas de l'échelle sociale, manifestent une très vive sensibilité et non pas peur de collaborer avec passion à un projet hors normes. Je les aime et j'ai compris qu'il y a un art des jardins mais aussi une philosophie humaniste de jardinier et des jardins, qui est une voie d'inspiration positive pour notre société.
[...] J'ai la conviction que la nature "dialogue"- comment vivre sans communiquer- et nous, humains, sommes l'une de ses voix.... J'ai compris que l'art et le jardin étaient un moyen efficace de nous rassembler.
[...]
Peu à peu j'ai compris que l'improvisation s'accordait parfaitement au concept de Musiques aux jardins. Habitué à improviser en musique, je bousculais les habitudes et j'allais à la rencontre de ces très grands improvisateurs que sont les jardiniers, dont le vouloir et le savoir sont contredits sans cesse par la nature et qui improvisent naturellement pour s'adapter. Nous étions faits non seulement pour nous comprendre mais aussi pour collaborer, ce qui est bien mieux!
[...]
Cette sympathie qui me lie indissolublement au jardinier est liée à notre goût partagé de la nature, mais aussi à une sensibilité qui nous relie plus secrètement....
Ces hommes manquent de reconnaissance. Je souhaite par cet ouvrage leur rendre un peu de ce qu'ils nous donnent à tous, les honorer pour leur courage, leur opiniâtreté et la beauté qu'ils savent nous offrir.


ous ces jardins sont cultivés écologiquement, c'est à dire qu'ils répondent à plusieurs critères:
- Il n'est fait usage d'aucun produit phytosanitaire et la protection du jardin est garanti par l'équilibre de la faune;
- Il n'est utilisé que des fertilisants naturels et notamment des végétaux compostés soit en tas, soit en couverture;
- Le travail du sol respecte sa structure et encourage une vie active.
- La vie des insectes et des oiseaux est protégée par la culture de plantes attirant abeilles, papillons, bourdons, etc... et par la présence de nombreux nichoirs, d'une mare et d'un tas de compost.
- Les haies sont naturelles, composées d'arbustes indigènes variés pour leur protection et leur nourriture.
- Il n'est cultivé aucun hybride mais des variétés anciennes de légumes et pour les fleurs, de vieilles variétés botaniques avec préférence des fleurs simples aux doubles ou exotiques qui n'offrent aucun attrait biologique à la vie animale.
- Les vieux arbres sont protégés car ils offrent de multiples refuges et sont une richesse dans l'agrément du jardin.
Je fais ici une petite réserve en ce qui concerne les limaces et escargots, car bien que quelques hérissons, couleuvres et autres animaux se partagent le territoire du jardin, ils ne sont pas assez nombreux ou assez voraces pour en limiter la prolifération.
Il en est de même pour les adventices et toutes herbes envahissantes qui sont éliminées à la main.

ce sujet, rappelons ce que Bernard Palissy disait à propos de la "Philosophie requise en agriculture":
"Je te dis que n'est nul art au monde auquel soit requis une plus grande philosophie, qu'à l'agriculture, et te dis que si l'agriculture est conduite sans philosophie, que c'est autant que journellement violer la terre et les choses qu'elle produit; et m'émerveille que la terre et natures produites en icelle ne crient vengeance contre certaines meurtrissures, ignorants et ingrats, qui journellement ne font que gâter et dissiper les arbres et plantes, sans aucune considération. Je n'ose aussi bien dire que si la terre était cultivée à son devoir, qu'un journau produirait plus de fruit que non pas deux en la sorte qu'elle est cultivée journellement."
Comme le conseille Gilles Clément, le jardinier doit favoriser la biodiversté par une gestion intelligente des espaces naturels en renonçant au controle des plantes auquel le jardinage est trop souvent réduit.
et dans le jardin potager il sera nécessaire de mélanger légumes, fleurs et plantes en mariant les compatibles entre elles.
'entends des voix:
- "Où est la belle jardinière?
"
- Au musée
La jardinière de Louis Adan! Naturellement!
Voici donc quelques portraits que des artistes firent d'elle.
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ans la littérature, le jardinier a souvent été idéaliséAinsi Alphonse Karr nous dit: "Un excellent jardinier vaut un excellent poëte." mais il est certain que son activité lui apporte une certaine sagesse car le jardin le fait entrer dans un espace à sa juste mesure, sans agressivité et de nature sereine.
"La rose qui meurt de soif a besoin du jardinier, mais le jardinier a encore plus besoin de la rose qui meurt de soif: sans la soif de sa fleur, il n'existe pas." 
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- Les bases du jardinage écologique
- Paysagistes - jardiniers - poètes - Robert Laffont
- Bibliothèque des amis du fonds Mercator.
- traduit par Marco Martella- Les pommes sauvages
- Bayard
- Ordre et variété dans la littérature de la Renaissance - Droz
- réflexions- Le pommier
- Presses du Châtelet